______MURENA_____

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Message par Admin le Ven 5 Sep - 21:22

Reprenant le concept de la Bagheera, la Murena s'adresse à une clientèle recherchant une voiture originale tout en souhaitant conserver les avantages d'un modèle courant. Par rapport à sa devancière, elle offre un design actualisé et un caractère sportif plus ambitieux, la Bagheera s'étant vu légitimement reprocher des performances insuffisantes.

Prototype de présentation de la Murena.
© D.R
La Murena effectue des tests dans le Sud marocain.
© D.RPrésentée le 29 septembre 1980, soit deux ans après la prise de contrôle de Chrysler Europe par PSA, la Murena est née Talbot-Matra. Si elle hérite de l'architecture à moteur central arrière - placé transversalement - de son aînée, la voiture bénéficie d'un empattement allongé de six centimètres. Mais l'innovation majeure réside dans son châssis galvanisé. Si le premier objectif est la protection contre la corrosion, cette opération coûteuse améliore également la résistance à la torsion. La carrosserie se compose d'une douzaine d'éléments assemblés sur cette structure. Le train avant, repris à la Solara, adopte une suspension à double triangulation et barres de torsion longitudinales.

Alimenté par un carburateur Weber double corps, le moteur de 1600 cm3 développe 90 ch, ce qui vaut à la Murena un bon 180 km/h. Si la vitesse de pointe ne progresse pas par rapport à la Bagheera, les accélérations et la souplesse du moteur se trouvent améliorées. Et une boîte de vitesses à cinq rapports bien étagés remplace la précédente à quatre vitesses.





La branche automobile de Matra est née de la volonté de diversifier l'activité de l'entreprise très marquée par l'image militaire. En 35 ans, Matra Automobile a dignement honoré la meilleure part du génie automobile français, l’innovation conceptuelle.

MATRA Murena

Le design de la Murena apparaît comme une œuvre collective. Testée en soufflerie, sa large silhouette revendique un Cx flatteur de 0,328. Fluide et racée, la ligne frappe par son modernisme et les formes au trait vigoureux ont gagné en dynamisme par rapport à la Bagheera. Sur une face avant très fine, un spoiler bien intégré ajoute une note d'agressivité. Le vaste pare-brise concourt, avec l'immense lunette arrière, à l'abondante surface vitrée dont jouit la voiture. Malgré son architecture qui ne s'y prête guère, la Murena dispose par ailleurs d'un honorable coffre à bagages situé à l'arrière.

L'habitacle de la Murena demeure fidèle aux trois sièges frontaux de la Bagheera. Ceux-ci offrent un confort de qualité et un bon maintien, celui du milieu ayant été taillé pour un corps plutôt mince... Quant au curieux volant à jante épaisse pourvu d'un méplat - dont la fonction est de faciliter l'accès aux longues jambes -, il ne contribue pas à faciliter la conduite sportive. Si la finition pêche par son caractère assez approximatif, l'équipement s'avère complet et l'on se félicitera de la présence de lève-vitres électriques (en option sur la 1600).

Version sportivement plus convaincante, la 2,2 litres s'est fait attendre plusieurs mois par rapport au lancement de la 1600. Doté d'un arbre à cames en tête, son moteur de 2156 cm3 offre maintenant 118 ch. Cette mécanique d'origine Chrysler, qui équipe la Talbot Tagora et dont la lignée remonte à la 180, permet à la voiture d'atteindre la vitesse de 195 km/h.

L'heureuse surprise que réserve la Murena tient à son confort, que l'on ne s'attend pas à trouver sur une voiture de ce type. Digne d'une berline, il révèle l'esprit dans lequel la Murena a été conçue et qui tente de concilier les performances et les qualités propres à une grande routière. Même si le réglage souple de la suspension se fait quelque peu au détriment de l'efficacité sportive. La voiture jouit néanmoins d'une excellente tenue de route et le freinage se révèle au-dessus de tout soupçon
Pour autant, la Murena manque d'un authentique caractère sportif et Matra souhaite ajouter le ramage au plumage. Malheureusement, les réticences de PSA conduiront à une solution non satisfaisante, celle du kit. Proposé à partir de juillet 1982, celui-ci - baptisé "kit 142" - offre 24 ch supplémentaires, soit 142 ch. Son montage, assuré par les concessionnaires Talbot, représente un coût de 19 500 F. Les modifications portent sur un arbre à cames plus pointu, un allumeur différent et un nouveau collecteur d'admission à quatre conduits. Deux Solex double corps horizontaux complètent la panoplie. Inchangée, la transmission encaisse de bonne grâce le surcroît de puissance. Ainsi gréée, la 2,2 litres franchit le cap symbolique des 200 km/h. Les éléments extérieurs d'identification se composent d'une extension des bas de caisse, ainsi que d'un aileron au goût inversement proportionnel à sa taille. Le succès de cette formule bâtarde ne sera pas au rendez-vous, et seulement 100 kits seront montés.

"Dommage que la 142 ne soit pas produite en série", se plaignent les amateurs. Ils devront attendre près d'un an pour que leurs vœux soient exaucés avec le lancement de la Murena S, qui s'analyse comme une 2,2 litres kitée produite en usine. Avec cette version vitaminée, Matra dispose enfin d'une voiture performante qui, avec l'Alpine A 310 V6 (plus pointue), représente en ce début des années 80 le seul vrai coupé sportif français. Pour preuve, les performances se révèlent comparables à celles de la Porsche 944 dotée de 163 ch. Cependant il est bien tard, et seulement 480 Murena S seront construites d'avril à juillet 1983.
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Re: ______MURENA_____

Message par daniel le Jeu 20 Nov - 19:36

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Re: ______MURENA_____

Message par daniel le Ven 28 Déc - 17:29

La Talbot-Matra Murena est la dernière collaboration entre le constructeur Simca, devenu Talbot après son intégration au groupe PSA, et Matra Automobile, filiale automobile du groupe Matra. Elle fut produite entre 1980 et 1983, sous les millésimes automobiles 1981 à 1984.
Sommaire

1 Conception
1.1 Carrosserie
1.2 Châssis
1.3 Suspensions
1.4 Aménagement intérieur
1.5 Motorisations
2 Évolution de la gamme
3 Production
4 Conduite
5 Fin de carrière de la Murena
6 La Murena en collection
7 Bibliographie
8 Liens externes

Conception
Carrosserie

La Murena est un coupé sportif à moteur central transversal. Conçue par des ingénieurs passionnés, la Murena est une réalisation exclusive, à l'opposé des coupés industriels des grands constructeurs. Son coffre à bagages (320 dm³), situé derrière le moteur, est accessible par un vaste hayon vitré. Les feux avant sont escamotables.

Sa carrosserie est constituée de panneaux en matériaux composites à base de résine et de fibre de verre. Les casquettes de phares, les pare-chocs sont en SMC (sheet moulding compound) : les chutes de fibres de verre sont hachées et incorporées dans une pâte conditionnée en rouleaux. Ce matériau est déposé dans les moules où il est pressé à chaud. Le SMC sera de plus en plus utilisé par Matra dans ses voitures ultérieures (Renault Espace générations I à III et Renault Avantime).

La Murena est l'œuvre du styliste Antoine Volanis. La finesse de la ligne contraste cependant avec les imperfections de l'assemblage encore trop artisanal de Matra. La surface vitrée, avec un pare-brise extrêmement incliné, est très importante et permet une visibilité globale satisfaisante pour un coupé à moteur central. Les phares sont escamotables pour garantir un capot très plongeant. Le Cx est de 0,328, valeur très bonne pour une voiture à moteur central.

Les rares modèles 2.2 équipés de la « Préparation 142 » (74 exemplaires recensés), puis les 480 Murena S (1984) dont la puissance atteint 142 ch, sont équipées d'un aileron arrière en polyester noir qui alourdit quelque peu la ligne, ainsi que d'harmonieux bas de caisse couleur carrosserie.

Châssis
La Murena vue de trois-quarts arrière.

La structure est un châssis cadre autoporteur en tôles embouties et soudées. Elle possède une caractéristique rare : sa protection anticorrosion réalisée par galvanisation à chaud. La caisse est plongée dans un bain de zinc en fusion, recouvrant intégralement les tôles telle une soudure continue. Vingt kilogrammes de zinc sont ainsi déposés sur une couche de 65 µm. En plus de la protection anticorrosion, cette technique ajoute un gain en rigidité du châssis de près de 45 %. Les seules autres automobiles à avoir bénéficié de ce procédé seront la Renault Espace (générations I à III) et la Renault Avantime également conçues et produites par Matra Automobile.
Suspensions

Avant : doubles leviers triangulaires transversaux, barres de torsion longitudinales, barre antiroulis, amortisseurs télescopiques.
Arrière : triangles obliques, barre antiroulis, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques.

Aménagement intérieur
L'habitacle de la Murena.

La Murena reprend le concept inauguré par la Matra-Simca Bagheera : trois places de front, face à la route. Ce concept original est bien plus logique que celui d'une 2+2 traditionnelle dont les deux places arrière sont rarement exploitables. Chaque place possède son propre siège individuel. Le siège central a un dossier rabattable. Il devient ainsi un accoudoir géant entre les deux places restantes. L'appuie-tête central bascule également pour améliorer la visibilité arrière. La presse reconnaît la grande réussite du dessin des sièges, très confortables. Le tableau de bord reprend l'instrumentation très complète de sa devancière, la Bagheera, mais est réalisé cette fois en matériau plastique thermoformé. Son esthétique est jugée décevante et sa finition correspond aux standards de l'époque, c'est-à-dire plutôt médiocre.
Motorisations

Deux moteurs sont installés à l'origine : un 1,6 L et un 2,2 L. Le petit moteur 1,6 litre est imposé par PSA pour assurer un certain volume de ventes. Au départ, le moteur 2 litres commun à Peugeot et Renault devait être utilisé mais la régie Nationale opposa son véto car elle projetait d'utiliser ce moteur sur son nouveau coupé Fuego. Matra fut donc obligé de se rabattre dans la banque d'organes Talbot. À l'origine, Matra avait envisagé une autre évolution encore plus puissante de la Murena 2.2, la 4S, dotée d'un moteur multisoupapes de 175 ch et capable de 230 km/h mais le coût excessif et le refus de PSA obligeront Matra à concevoir la « Préparation 142 » proposée à partir du millésime 1982.


Moteur 1,6 L 2,2 L 2,2 L Kit 142 et S
Type Transversal Transversal Transversal
Cylindres 4 cylindres 4 cylindres 4 cylindres

2 par cylindre
8 soupapes

2 par cylindre
8 soupapes

2 par cylindre
Arbre à cames 1 arbre à cames latéral 1 arbre à cames en tête 1 arbre à cames en tête spécial
Cylindrée 1 592 cm³ 2 155 cm³ 2 155 cm³
Alésage x course 80,6 mm x 78 mm 91,7 mm x 81,6 mm 91,7 mm x 81,6 mm
Rapport volumétrique 9.35 : 1 9.45 : 1 9.5 : 1
Puissance maxi 65,7 kW (92 ch) à 5 600 tr/min 86 kW (118 ch) à 5 800 tr/min 104 kW (142 ch) à 6 000 tr/min
Couple maxi 13,5 mkg à 3 200 tr/min 18,5 mkg à 3 000 tr/min 19,1 mkg à 3 800 tr/min
Catalyse Non Non Non
Type de carburant RON 97 RON 97 RON 97

Carburation 1 carburateur double corps Weber 36 DCNVA 16/100 1 carburateur inversé double corps Solex 34 CIC F 2 carburateurs double corps Solex 40 ADDHE, collecteur d'admission à 4 conduits séparés
kilomètre départ arrêté 33,3 s 30,4 s 29,1 s
0 à 100 km/h 11,8 s 9,3 s 8,4 s
Vitesse maxi 182 km/h 197 km/h 210 km/h
Consommation 6 à 10,5 l/100 km 6,9 à 12,3 l/100 km 6,9 à 13,9 l/100 km
Évolution de la gamme

Millésime 1981 : lancement de la Murena en version 1.6 suivie quelques mois plus tard par la version 2.2.
Millésime 1982 : lancement de la « Préparation 142 » qui peut être montée par les concessionnaires Talbot sur la 2.2.
Millésime 1983 : reconduction des versions 1.6 et 2.2 sans changement notoire.
Millésime 1984 : les versions 1.6 et 2.2 disparaissent. Apparaît au catalogue la Murena S, ultime version sportive, équipée en usine de la « Préparation 142 ». Arrêt de la production de la Murena en juillet 1983.

Production

Murena 1,6l : 5 640
Murena 2,2l : 4 560
Murena S : 480

Conduite

La Murena est très équilibrée, à tel point que la presse automobile de l'époque regrette le manque de puissance. Le châssis est capable d'encaisser des moteurs bien plus puissants que le 2,2 L de 118 ch. La tenue de route pardonne beaucoup d'erreurs de conduite, sauf sur les 2.2 de pré-série testées par la presse : la partie arrière du châssis fait preuve d'un manque certain de rigidité. Cette erreur de conception sera vite résolue par l'adoption de bras de suspension renforcés puis par l'adjonction d'une barre anti-rapprochement boulonnée sous la voiture. Quant à son confort, il se révèle être de très haut niveau. La vie à bord est très agréable avec des sièges très bien conçus, mais une planche de bord à la finition perfectible (nous sommes en France et en 1980, la qualité n'est pas la priorité…). La place centrale manque cependant de largeur et le levier de vitesses empiète sur son espace.
Fin de carrière de la Murena

En 1983, le phénomène des GTI s'installe en Europe. Ce sont de petites berlines légères équipées de moteurs puissants. L'époque n'est plus aux coupés sport comme la Murena ou les Opel Manta, Volkswagen Scirocco, Renault Fuego, etc. Les ventes de la Murena sont bien plus faibles que celles de son aînée la Bagheera, vendue à près de 50 000 exemplaires et l'avenir de la Murena n'intéresse plus PSA. De plus, le contrat liant PSA à Matra Automobile arrive à son terme. L'avenir de la Murena est scellé. Matra commence à travailler avec Renault pour la création d'une automobile révolutionnaire : l'Espace. Le monocorps conçu par Matra ne sera pas la dernière Talbot mais symbolisera la « voiture à vivre » de Renault.
La Murena en collection

La production de la Murena fut modeste (10 680 exemplaires) et les pièces sont encore trouvables sauf certaines comme les feux arrière (en voie de refabrication par souscription chez H.B.Pièces). La sellerie fragile des 2.2 est coûteuse à refaire. Le châssis galvanisé n'a aucun problème de corrosion (sauf en cas de choc mal réparé) ; seuls les bras obliques des suspensions arrière craignent la corrosion et se raréfient. Les interventions mécaniques peuvent se révéler coûteuses à cause de la médiocre accessibilité mécanique (défaut des voitures à moteur central, ici particulièrement en version 2.2), heureusement la fiabilité mécanique est très bonne car les moteurs sont éprouvés. La Murena étonne encore par la modernité de ses lignes, preuve de la réussite de son design.
Bibliographie

André Dewael, Talbot-Matra Murena, la dévoreuse de bitume, E-T-A-I, Paris, 2012 : http://matradoc.free.fr/livre.htm
Christian Longueville et Alberto Martinez, Matra la passion de l'innovation automobile, Hachette, Paris, 2000.
Dominique Pagneux, Matra de route, éditions ETAI, Boulogne-Billancourt, 2003, 191 p. (ISBN 2-7268-8603-5)

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